Extraits du dossier de presse


Issu du cinéma expérimental, Bertrand Gadenne développe depuis de nombreuses années un travail dans lequel la diapositive projetée, et plus récemment la vidéo, invitent le spectateur à retrouver soit dans un lieu d’exposition, soit au détour d’une rue, un émerveillement depuis longtemps oublié : celui de la matérialisation d’une image projetée dans l’espace.


Rat blanc venant appuyer ses pattes sur la paroi d’une vitrine, poisson rouge flottant à la surface de cette dernière, images projetées de papillons se révélant sur la main du visiteur, Bertrand Gadenne crée des situations empreintes d’un caractère magique en concevant ces dispositifs lumineux spécifiques à chacun des éléments naturels (végétal, minéral, animal, êtres vivants, etc.).


Par un subtil dosage, entre symbolique et optique, l’artiste nous engage en effet à devenir l’observateur d’un réel autant quotidien qu’extraordinaire. Ces situations éphémères, qui suscitent des pensées équivoques entre humour et surprise chez le spectateur, et le délicat miracle de leur apparition, sont propices à une réflexion sur sa relation au réel, sa présence au monde, sa fragilité et disparition prévisible. On est ici proche des dérives surréalistes : l’apparition devient une construction mentale, une matière à réflexion. Il se peut que Bertrand Gadenne cherche la provocation : celle de jouer avec notre assurance tranquille, avec notre interprétation du monde, pour un bref instant.











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Bertrand Gadenne, Fragments d'un monde

Texte de Jean-Marc Huitorel


Bertrand Gadenne a débuté son travail d’artiste à la fin des années 70 par son engagement dans le domaine du cinéma expérimental avec la présentation d’installations de films Super-8 montés en boucle qui questionnaient la spécificité du médium cinématographique, l’espace de monstration et notre rapport au monde.


À partir de 1983 il a développé un travail de création de dispositifs de projection de diapositive tout en explorant les grandes catégories de la représentation du monde naturel (l’humain, l’animal, le végétal, le minéral) en retenant des exemples emblématiques, fragments prélevés dans le continuum du réel. Ses dispositifs qui donnent naissance à des images immatérielles prennent en compte les éléments constituants la projection jusqu’à la matérialité du projecteur (poids, chaleur, lumière, ventilation). La liberté que l’artiste a su donner à l’écran qui recueille l’image projetée peut être matérialisée par la main du visiteur, un papier de soie vibratile, la découpe en suspension d’un écran, la rotation d’un fil, la surface d’une architecture.


L’art de Bertrand Gadenne crée par ces moyens insolites un émerveillement qui engage le regardeur dans une réflexion sur l’expérience du temps : l’impermanence de l’être, la caducité des choses, l’apparition et l’évanouissement de l’image. Il a également apporté sa contribution à l’analyse des modalités de cette représentation où chaque élément est pris en compte et où le regardeur-spectateur qui visite ses expositions assume pleinement son rôle de faiseur de tableau.


Depuis 1999, il utilise le principe de la projection vidéo afin d’affirmer la prise en compte de l’apparition fictionnelle de l’image en fonction des lieux d’expositions et l’investissement de l’espace public qui devient le théâtre d’étranges apparitions nocturnes. Ainsi plus d’un passant déambulant dans les rues a dû sursauter d’effroi ou de fascination à la vue d’un rat blanc venant du fond d’une vitrine et s’agrandissant démesurément pour atteindre l’écran de la vitre, y appuyer les pattes de devant et s’en retourner d’où il était venu.


Mais aussi pour le visiteur qui visite les sous-sols obscurcis d’une vénérable institution et qui se trouve plongé dans une soute à fiction. On est ici proche des dérives surréalistes, dans l’errance urbaine et architecturale où l’apparition devient une construction mentale, une matière à réflexion.


Cette déambulation dans et hors les murs, ces amorces de récits impliquent des pensées ambivalentes entre humour et répulsion, fascination et horreur, révélation et désastre. C’est aussi une réflexion sur les modes et les moyens de la représentation, sur l’insondable complexité des êtres.


Aucune rupture fondamentale avec l’utilisation de la vidéo, mais le choix d’affirmer certaines directions entrevues dans les projections photographiques. Bertrand Gadenne travaille sur la notion d’éphémère, de passage et d’effondrement.


Car les oeuvres n’échappent pas au processus d’altération et d’effacement. L’histoire de l’art serait la culture et le maintien en équilibre de ces vanités.


Exposition du 20 mars au 8 juin 2011. Galerie municipale Jean-Collet 59, avenue Guy Môquet 94400 Vitry-sur-Seine.Tél.: +33 (0)1 43 91 15 33. Entrée libre du mardi au dimanche de 13h à 18h.


Bertrand  Gadenne, Le Hibou et La Source, photo Marc Royan Bertrand Gadenne, Le Souffleur de bulle, 2003, installation vidéo, photo Bertrand Gadenne Bertrand Gadenne, Les Papillons, 1988, installation avec projection d’une diapositive, photo Bertrand Gadenne Bertrand Gadenne, L’Orage, 2003, installation vidéo, photo Bertrand Gadenne Bertrand Gadenne, Le Feuillage, 2008, installation vidéo, photo Marc Loyon Bertrand Gadenne, L’Éblouissement, 2005, installation vidéo, photo Bertrand Gadenne

1. Bertrand  Gadenne, Le Hibou et La Source,     photo Marc Royan

2. Bertrand Gadenne, Le Souffleur de bulle,     2003, installation vidéo, photo Bertrand Gadenne


3. Bertrand Gadenne, Les Papillons, 1988,     installation avec projection d’une diapositive,     photo Bertrand Gadenne


4. Bertrand Gadenne, L’Éblouissement, 2005,     installation vidéo, photo Bertrand Gadenne


5. Bertrand Gadenne, Le Feuillage, 2008,     installation vidéo, photo Marc Loyon


6. Bertrand Gadenne, L’Orage, 2003, installation     vidéo, photo Bertrand Gadenne

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Archives expositions personnelles France

  Bertrand  Gadenne, Fragments d'un monde
   Galerie municipale, Vitry
   20.03 - 08.06.2011

Archives expositions personnelles (G)